Interview – Be4t Slicer

Ils sont Lillois, ils sont quatre : Manu : Charly Nine (claviers + machines), Lionel : D.Lee.K (platines + machines), Veeko (batterie) et Antho : Spung (guitare électrique). A huit mains, les BE4T SLICER créent, inventent et expérimentent. Ils triturent, hachent et découpent. Usent du sample, sans en abuser. Le résultat : une fusion musicale astucieuse et des sonorités surprenantes grâce aux instruments qui jamais ne s’effacent au détriment des machines !

Nous sommes allés à leur rencontre pour échanger avant leur passage à la 15ème édition du festival Mix’Cité.

 

Peux-tu présenter le rôle des membres du groupe ?

– Manu –

Lionel c’est un peu notre encyclopédie musicale, quand nous nous posons sur un track et que nous cherchons dans quelle direction aller, c’est un peu Lionel qui a l’avis final.

Antho va avoir plus d’affinité avec tout ce qui est technique, c’est pas dans son rôle de guitariste mais c’est le plus geek de nous 4.

Et Veeko c’est notre jeune, il donne des bonnes directions, avec un côté très Jazz / Hip Hop dans son jeu de batterie.

Et moi je suis aux synthés.

 

Vous avez sorti votre premier EP 5th Element en fin d’année dernière, est-ce que vous avez eu de bonnes retombées ?

– Manu –

Oui, après nous savions que c’était surtout un EP d’ouverture, pour avoir quelque chose à proposer. Dans l’absolu, les morceaux auraient pu avoir leur place dans un album. C’était un premier jet. L’année dernière nous avons été suivi par la PAM*, nous avons fait quelques dates, du coup il nous fallait quelque chose à présenter. Cet EP c’était du boulot !

En ce moment nous travaillons sur le deuxième album avec pas mal de featuring, notamment M. Sayyid (un ancien d’Antipop Consortium). Nous avons une amie allemande, qui devrait prêter sa voix pour un featuring, un MC sénégalais rencontré il y a deux ans… D’ailleurs toutes les voix Hip Hop que tu as pu entendre sur notre EP sont de lui !

 

Quelle direction artistique allez-vous donner à votre second EP ?

– Manu –

Difficile à dire… nous allons rester très futur Jazz, tout en essayant d’apporter de l’Electro / Hip Hop dans la production. Sans oublier le piano, à la Gogo Penguin.

 

Ça se sent cette influence de Gogo Penguin, rien que dans la batterie…

– Manu –

Oui, c’est ce qu’on aime faire ! Et même si l’album sera plus Hip Hop, nous allons essayer de développer cet univers là aussi sur l’album.

 

Comment tu pourrais définir votre processus créatif ?

– Manu –

Nous samplons beaucoup nos propres sons. Certains de nos potes font aussi de la musique, nous récupérons des voix à droite à gauche. Et puis on aime bien sampler des petites pépites inconnues aussi. Mais pas que, on a une vraie base mélodique que nous développons avec les synthés notamment.

Lionel c’est un peu notre chanteur, notre lead sans voix …

 

Et les morceaux, vous les pensez plus pour le live ou studio ?

– Manu –

Nous avons des morceaux qui sont plus lives qui vont être intégrés dans le prochain album. Ce qui est à la base une transition un peu nouvelle se transforme en morceau à part entière. Ca vient d’un petit jam et ça part. En général, on joue 15 morceaux en live pour un set d’une petite heure. On a des formats plus ouverts sur les nouveaux morceaux qu’on bosse pour l’album qui arrive.

Ca va être marrant parce qu’on va adopter une autre approche, il y aura des morceaux plus axés clavier, il faudra qu’on trouve une autre manière de les jouer en live. Nous allons peut être devoir lâcher un autre instrument pour récupérer un autre clavier.

Mais pour l’instant nous bossons essentiellement sur l’album. Un album qui contiendra dix pistes. Avec un remix de Chinese Man qu’on avait déjà ‘fait maison’, nous allons le faire remixer avec l’ensemble pour que ça prenne la même sonorité que l’ensemble de l’album. On le sortira en bonus track normalement, si on a les autorisations.

 

Dans vos compositions, les synthés prennent une place importante

– Manu –

Oui l’idée c’était de faire ça dans un format resserré pour le live, moi par le passé j’ai développé un jeu main gauche à la basse, mais on reste un petit groupe. Si nous avions des moyens surdimensionnés, il y a pleins de morceaux où on inviterait volontiers un vrai bassiste.

 

Vous n’avez jamais eu l’occasion de faire appelle à des musiciens autres que vous ?

– Manu –

Pour l’instant on a jamais fait poser de bassiste.

 

– Lionel –

En même temps c’est ce qui donne la couleur du projet, c’est un parti pris. Mais c’est vrai qu’à terme, pourquoi pas faire des collaborations ou avoir un bassiste pour que Manu puisse être plus libre dans son jeu.

 

– Manu –

Après c’est pas la même approche, moi je suis pas dirigé par le kick, eux le sont beaucoup plus. Les morceaux où on est totalement dans la jeu c’est magique. Nous venons de faire une reconfiguration qui va nous permettre d’être toujours plus dans ‘que le jeu’. Nous avons déjà lâché pas mal de trucs Electro comme les séquences qui tournent en boucle, nous sommes beaucoup plus acoustique dans notre manière de composer qu’au début.

Après ce qui est dur c’est de trouver la bonne combinaison, parce nous sommes 4 mine de rien. Il faut que l’on arrive à donner toute l’essence d’un morceau, sachant que le but c’est pas de dire « tiens j’ai envie de faire du rose, je fais du rose ». Non, le but c’est de creuser, que ça sonne et que ça puisse se réadapter pour le live.

 

– Lionel –

Un bassiste pour libérer Manu oui, mais aussi pour apporter d’autres choses, une autre couleur. On a dit bassiste mais pourquoi pas un autre guitariste, un autre clavieriste, pourquoi pas un percussionniste, c’est pas fermé en fait. On a des featurings avec des chanteurs ou rappeurs, pourquoi pas une chorale ? Ou même un violoncelliste ? Si à un moment donné ça peut le faire avec tel instrument ou tel musicien on ne se met pas de barrière, on est plus a tester des choses.

 

Parlons de votre actualité. Vous avez suivi un accompagnement avec l’Aéronef, le PAM quelle retour vous pouvez faire de cette expérience ?

– Lionel –

Oui effectivement on a eu l’accompagnement PAM pendant une paire de mois, ce qui nous a permis de faire des résidences, notre release party, de rencontrer des pros, des éditeurs, des formations sur les droits Sasem. Tout le côté vraiment professionnel du milieu musical, ça nous a permis de cerner beaucoup plus de choses aussi.

De ça on a fait le festival Mama à Paris, qui est un festival qui a lieu en Octobre. On a fait les Barentrans à Rennes, au 88 club. Le Freaky Art Show au Palais des Glaces. Notre première date était vraiment cool aussi, on a eu la chance de faire la première partie de The Internet au Grand Mix, il y a deux ans maintenant.

Et tout ça a découlé du PAM, ça nous a ouvert pas mal de portes.

 

– Manu –

Et là on a une résidence qui arrive du 8 au 11 Octobre au Grand Mix. On va pouvoir bosser sur la scénographie.

 

– Antho –

Oui on va surtout essayer de bosser le show, la scéno, ajuster au maximum le son en bossant avec un ingé son aussi.

 

Lionel tu peux m’en dire plus sur le Défi Payettes ?

– Lionel –

Ca fait plusieurs années que nous y participons. Ce sont des battles de danse, la musique interagit directement avec les danseurs donc il y a un retour direct avec les gens. Savoir si le son est dansant ou non. La façon dont les gens sont pris dans la danse tu vois si le son a de l’impact ou pas, ce qui est plutôt cool ! Et puis c’est aussi une performance, ça permet de s’ouvrir musicalement, de voir des gens très chauds en danse.

 

Tu t’es aussi occupé du remix de Petit Matin ?

– Lionel –

On s’en est occupés tous les 4, un petit délire pour l’été ouais. Pour le coup ça marche bien, en 1 semaine on a atteint 4000 vues, ce qui est plutôt pas mal. C’est surtout pour les gens qui partent en vacances, un petit son soleil pour la plage, dans la voiture et faire tourner un peu le truc.

 

Oui le son est assez ensoleillé, comparé à vos autres sonorités plus sombres, je me trompe ?

– Lionel –

Ca dépend, des fois nous partons plus sur du Hip Hop, des fois du Jazz, un peu plus Trip Hop, on aime bien le mélange ! On se dit pas on va faire un track pleinement Hip Hop. Chacun, nous écoutons pleins de trucs différents. Anto aime l’Electro, Veeko est plus sur la scène house type Kaitranada et la musique africaine. Manu vient du Hip Hop mais avec un côté Electro. Moi pareil, musique du monde, funk… Ca nous permet de créer des choses plus originales. On essaie de pas se mettre de barrière ni d’étiquette.

Nous notre truc c’est de mélanger l’acoustique l’électronique, les platines tout…!

 

Du coup vous serez le 14 Septembre à Mix’Cité, qu’est ce que ça vous évoque ?

–  Manu –

Avant tout on est contents parce qu’on va rejouer chez nous, ça fait un moment qu’on tournait ailleurs que dans le Nord et de rejouer à domicile avec les potes ça va faire du bien je pense.

– Lionel –

En plus on a déjà pu y passer, en tout cas moi personnellement, donc ça va être sympa de revenir !

 

Avant de vous quitter, si vous pouviez me donner un mot pour définir votre état d’esprit actuel ?

– Lionel –

Déjà en 1 an nous avons fait un sacré bout de chemin, on a fait environ 30 dates, et des belles dates comme les Nuits Secrètes où celles qu’on a pu te citer précédemment. Personnellement je suis content de la tournure que ça prend, nous avons professionnalisé la chose, avec le PAM et ça va continuer avec la résidence au Grand Mix. Du coup s’il y avait un mot, je sais pas les gars … ? Travail ? Ouais travail, on bosse à fond, on charbonne, ça promet pour la suite !

 

Retrouvez ici la fiche de l’artiste

On vous donne rendez-vous le 14 Septembre à 17H sur le Campus de Lille 1 !

 

Propos recueillis par Bastien Lenoir