Interview – Jasper’Wood

Jasper’Wood est un mélange de genres. A 11, ils nous offrent une curiosité musicale sans pareil. Un savoureux mélange de funk, de groove atmosphérique et de cuivres tantôt enivrants, tantôt enervés. Pour leur passage à Mix’Cité ce jeudi 14 Septembre, nous sommes allés à leur rencontre.

 

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
– Valo –
Bonjour, je suis Valo, Lillois et guitariste depuis le début du projet Jasper’Wood.

– Pierre –
Je m’appelle Pierre, je joue de la batterie dans Jasper’Wood. Valo m’avait contacté au début du projet pour jouer de la batterie. Je joue aussi au sein d’une autre formation qui s’appelle le White Horse Band. On fait de la musique, on s’amuse, on fait danser les gens.

 

Combien êtes vous dans le groupe ?
– Valo –
A l’origine on a commencé à 5, au fur à mesure le projet s’est transformé plus en collectif ou big band, un peu à la Gorillaz. C’est à dire qu’on est beaucoup de musiciens, il y beaucoup de chants et de choeurs. Donc maintenant on se retrouve à 11, avec les 5 piliers du groupe d’origine.

 

Comment vous êtes vous rencontrés ?
– Valo –
Ca a commencé avec mon ancien colocataire, qui était un chanteur assez doué, avec qui on a décidé de créer Jasper. On a recruté nos potes musiciens avec qui le feeling passait bien et de là est né la formation. Malheureusement ce chanteur a du partir faire ses études ailleurs, ce qui a entrainé de nombreuses évolutions dans le groupe. On a eu pas mal de passage, surtout au niveau du chant, ce qui nous a fait ‘dériver’ sur ce projet. C’est à dire un rappeur, 2 chanteuses qui ont des voix complètement différentes, pour avoir un chant le plus éclectique, diversifié.

 

Vous n’avez pas encore énormément de vos sons en ligne, est-ce qu’on peut espérer un EP prochainement ?
– Valo –
Comme le groupe est en perpétuel évolution, c’est très difficile d’avoir une image représentative de notre sonorité en ce moment. Surtout qu’on fait essentiellement du live. On a fait une maquette et l’EP est en prévision pour Décembre. C’est pour ça que l’on communique très peu sur Facebook, on communique juste avec des événements et au bouche à oreilles pour le moment. Parce que comme on est en évolution constante, il est très difficile de fixé un ‘son’ pour la direction musicale du projet. Là le but justement au mois de Décembre c’est d’avoir la concrétisation et la consécration du projet. Que le gens puissent se référer à quelque chose.

– Pierre –
Il fallait attendre de stabiliser un peu tout avant de fixer quelque chose sur une support.

– Valo –
C’est assez ’sauvage’ pour l’instant.

 

Sauvage ? C’est à dire ?
– Valo –
C’est à dire que les musiciens commencent à se découvrir entre eux. C’est cool parce que t’as la pêche de mettre pas mal de choses. Comme nous sommes nombreux, il va falloir qu’on réussisse à faire de choix.

 

 

Avez-vous déjà des pistes en tête que vous voulez intégrer dans cet EP, une direction peut être ?
– Valo –
On va partir sur un EP de 5 chansons, et peut être sortir un autre EP un petit peu plus tard. Mais déjà un EP assez diversifié comme on fait pas mal de chansons différentes. Par exemple on a 3 chansons vraiment funk, 2 chansons un peu plus psyché, une chanson rock. Je pense qu’on va piocher pour y mettre un peu de tout. Il y a tellement de styles différents, certains vont dire que c’est tel style, d’autres vont dire « non c’est tel style ». Les étiquettes ça veut plus rien dire.
On veut un truc béton qui nous reflète.

 

Qu’est ce qui vous inspire, quelles sont vos influences ?
– Pierre –
C’est toujours très délicat. T’avais quelques références Valo pour ça non ?

– Valo –
C’est difficile de te dire ça comme ça. On a des influences funky, à moitié psyché / progressif, très rock aussi. C’est difficile parce qu’on a chacun une identité musicale, et vu que nous sommes nombreux, c’est indéfinissable.

– Pierre –
C’est entre rock, funk, electro des années 80. Ca gravite un petit peu autours de tout ça.

 

Play that funky music qui est sur SoundCloud en est un bon exemple
– Valo –
Alors ça justement c’est la reprise phare qui a permis à tout le monde de jouer ensemble.

 

Tout à l’heure vous disiez que vous étiez 11, vous arrivez à vous organiser à autant de personnes ?
– Pierre –
Ouais pour les répètes c’est compliqué, il y a toujours 1 ou plusieurs absents. C’est très rare qu’on arrive à être tous ensemble à un moment donné. Ca demande de l’énergie de répéter les même choses à différentes personnes.

 

Jasper’Wood, pourquoi ce nom emprunté à un violoniste Canadien ?
– Valo –
Nan alors ça justement c’est fou !

– Pierre –
C’est vrai ça ? Allez !

– Valo –
Ouais ouais, Achille (ndlr : l’ancien chanteur du groupe) m’avait balancé l’info. Ce qui est fantastique c’est que j’ai une espèce de tenture extrêmement moche chez moi avec des biches et un cerf. Elle m’a accompagné partout dans tous mes appartements où on composait avec Achille. Un jour, j’essayais de trouver un nom de groupe. Je regardais des photos souvenirs d’un voyage que j’avais fais. Je suis tombé sur la photo d’un enfant qui s’appelait Jasper. Je trouvais la sonorité de ce nom excellente. Et comme ma tenture était juste en face de mon ordinateur, j’ai regardé les bois et j’ai juste fait un jeu de mot avec Jasper et Wood.
J’avais tapé sur Internet pour voir si le nom de groupe existait déjà, mais j’avais pas vu le nom de cet artiste canadien. Plus tard quand mon chanteur est parti du groupe, il m’a envoyé sa fiche Wikipédia.
Et rien à voir, pur hasard avec ce personnage, c’est ça qui est fou d’ailleurs !
On rajoute juste l’apostrophe entre le Jasper et le Wood pour éviter tout soucis avec cet artiste.

 

Vous avez fait un concert au Biplan avec le White Horse Band (dont vous faites partis), ça a l’air drôle comme ambiance, vous avez l’air de faire rire les gens non ?
– Pierre –
Oui, c’est clairement un groupe fait pour faire la fête. Du « rock psyché débile » ou rock absurde pour le White Horse Band tout du moins. Jasper’Wood c’est un projet quand même plus sérieux.

 

Et pourquoi vous repentez le besoin de jouer sur l’humour dans le White Horse Band ?
– Valo –
Avec Jasper je voulais monter un autre groupe avec des choses qu’on ne pouvait pas forcément jouer avec White Horse Band.

 

Vous m’avez parlé d’un EP, est-ce qu’on peut en savoir plus ?
– Valo –
Début Décembre on a une résidence suivie d’un enregistrement studio. Elle se passera chez un particulier.

– Pierre –
Ca sera chez un pote musicien qui a la ferme de ses parents à la campagne. Il peut y accueillir des groupes. On va squatter quelques jours là bas et se préparer pour enregistrer dans la foulée, se préparer pour les concerts.

– Valo –
Derrière l’EP, l’idée c’est d’enchainer avec le tournage d’un clip, justement pour surenchérir au niveau communication, et avoir une vraie base visuelle. Parce que pour l’instant c’est toujours un peu flou, discret, et ça marche aussi parce que ça attire les regards curieux.

 

Vous avez quelques petites vidéos Facebook, avec des parties de vos musiques, pourquoi vous choisissez ce support de communication ?
– Valo –
Premièrement parce que nous n’avons pas l’EP pour montrer ce que l’on fait et comme on ne peut pas faire trop de communication, mettre des petits morceaux de musiques ça permet de montrer un petit peu ce qu’on fait, notre palette musicale. Et surtout donner l’envie, intriguer. Les gens entendent beaucoup de styles différents mais ils ne savent pas à quoi s’attendre réellement.

– Pierre –
C’est fait pour ça Facebook et la communication. Comme on a pas vraiment quelque chose de fixe à présenter, on a choisi de faire des trailers un petit peu évasifs. On essaie de filmer quelques moments qu’on synthétise en vidéo. Ca a le mérite de nous faire voir un petit peu auprès de nos potes qui se disent « Tiens Jasper Wood ils bossent sur des choses ». Le but c’est de montrer qu’on est toujours là, on continue et qu’un jour ça va sortir et qu’on a pas lâché l’affaire.

Concert Jasper Wood Circus Vendredi 7 avril 22h 30

Publié par Jasper'Wood sur mercredi 5 avril 2017

 

En parlant de votre image, c’est graphiquement coloré, explosif mais en même temps sombre, lancinant, comme votre identité sonore je me trompe ?
– Valo –
C’est très mineur donc oui.

– Pierre –
Ca dépend des morceaux, parce qu’a vrai dire on a pas mal de composition, on doit jouer 2/3 de compositions pour 1/3 de reprises à peu près. Les compositions ne sont pas toujours faites par les mêmes personnes, parfois certains compositeurs au sien du groupe sont beaucoup plus sombres, d’autres plus joyeux, ça dépend vraiment des humeurs. Et c’est tout le défi de notre situation actuelle qui est de faire une synthèse de tout ça.

 

Est-ce que vous avez un schéma de processus créatif ?
– Valo –
Ca dépend. Parfois il y a quelqu’un qui va amener un riff, parfois on improvise en répète, comme parfois certains préparent à côté, c’est assez aléatoire.
Généralement c’est guitare / basse et chant qui font le création. Les cuivres et le saxophoniste se rajoutent après. Morvan notre pianiste fait beaucoup d’arrangements. Il n’a pas encore composé réellement mais il se rattache énormément au premier riff, il transforme tout ça et donne des couleurs complètement différentes, c’est ce qui est super intéressant avec lui.

– Pierre –
Il a un super feeling et une grosse expérience qui fait que… Généralement on lui fait les accords, il se cale dessus et trouve très rapidement ce qui va bien, il y apporte sa patte. On a pas trop besoin de lui dire grand chose en fait.

– Valo –
C’est le plus âgé du groupe

– Pierre –
C’est le plus vieux mais en même temps le plus jeune dans sa tête !

 

Dans quelle tranche d’âge êtes vous à peu près ?

– Valo –
Ca va de 38 ans à 21 ans entre Morvan et Etienne.

 

A si nombreux, où est-ce que vous arrivez à répéter ?
– Pierre –
C’est au Faubourg des Musiques, au Faubourg de Bethunes. Tu peux y répéter pour un prix dérisoire si tu es Lillois. Je crois que c’est de l’ordre de 50€ l’année. Je conseille d’ailleurs à tous les musiciens qui lisent ces lignes et qui recherchent un endroit d’aller y faire un tour. Il faut réserver au moins la veille par téléphone. Et il y a tout sur place, des instruments, batterie, sono, micro, cables… les mecs sont vraiment très cools !

– Valo –
C’est malheureusement assez fragile, on entend souvent que ça va fermer, faute de subventions…

Lien Facebook > Faubourg des Musiques

 

Quel est votre agenda pour la rentrée ?
– Valo –
Autre que Mix’Cité, on se focalise vraiment sur l’EP, qui va nous permettre de démarcher et de tourner en fin d’année à un niveau national, ça c’est le but. On va se présenter pour la gare Saint Sauveur et le Musée d’Histoire. Comme nous avons tous d’autres groupes et un certain bagage, on aimerait être plus pro, en ayant des plus grandes scènes, des tremplins de festival.

– Pierre –
On veut passer des bars, aux moyennes salles, aux festivals etc.

– Valo –
Nous avons déjà fait notre quota de bars, on demande juste à tourner dans un périmètre plus large.

– Pierre –
Ca va arriver naturellement au fur et à mesure que notre CV s’agrandit. Maintenant nous allons démarcher les petits festivals de la région et il y en a pleins. Je regardais sur Internet et il y a plein qu’on ne connait pas ! Je sais pas le nombre de festival qu’il peut y avoir mais c’est impressionnant !
Et pour démarcher, c’est pas évident de le faire sans support. Ca fait un an qu’on a commencé, que l’on tâte un peu le terrain on va dans plusieurs directions, maintenant on est beaucoup. On comprend à peu près comment ça marche entre nous, on fait quelques concerts.

– Valo –
Le but pour l’instant c’est d’avoir une harmonisation de tout ça. Le fait qu’on soit beaucoup de musiciens, que l’on vienne tous de styles différents et que c’est nouveau à plusieurs, peut être que l’objectif c’est de continuer à se connaitre.

– Pierre –
On a besoin de jouer quoi !

 

La résidence va être un très bon tremplin pour ça
– Valo –
On a 2 résidences qui arrivent en fait. On en a une ce mois-ci pour intégrer les nouveaux musiciens qui vont arriver et surtout pour se préparer à fond pour Mix’Cité ! Et la seconde résidence dont on te parlait tout à l’heure sera pour se mettre dans de bonnes conditions pour enregistrer l’EP.

– Pierre –
Comme ça on pourra démarcher à la fin de l’année, « on a fait un EP, on a fait tels concerts, on est chauds, prenez nous ! »

 

Et vous ne recherchez pas forcément une résidence encadrée par une structure musicale de la ville ?
– Pierre –
Avec Jasper’Wood on a déjà fait une résidence chez un pote. En fait on est pas plus mal chez les copains. On peut dormir sur place, on peut s’organiser comme on veut. C’est à la campagne, ça dépayse un petit peu. Comme c’est difficile de s’organiser à nombreux, au moins c’est l’occasion pour tout le monde de se réunir et de se consacrer uniquement à ça.

– Valo –
Là on va tenter le Tour de Chauffe et des dispositifs mis en place par des structures de la ville. Le principe c’est qu’ils te prennent en charge, ils font des résidences, des cours de scénographie, ils enregistrent des titres et ils te trouvent des dates. Ils aident vraiment à la professionnalisation, c’est un accompagnement qui évite pas mal de frais aussi.

– Pierre –
C’est un accompagnement qui est en partie financé par la région. Ils sélectionnent une petites dizaines d’artistes chaque année.

Lien Facebook > Le Tour de Chauffe

 

Dans quel état d’esprit êtes vous pour cet EP ? Pas trop de stress ?
– Valo –
Non pas vraiment parce que la plupart des chansons, ça fait 3 ans que nous les jouons avec les piliers.

– Pierre –
C’est vrai que les 5 morceaux que l’on va faire sur cet EP, je pense que nous les avons joué pour la majorité depuis de 2 ans à peu près. On les a joué en concert, on a testé des petits enregistrements maisons et tout et là on va vraiment le sortir. Du coup ça aura bien eu le temps de mûrir pour nous.

 

Qu’est ce que vous attendez de la « moulinette » du passage en studio ?
– Valo –
Maintenant je pense qu’on a assez pris le temps, comme c’est encore nouveau et qu’il y a d’autres musiciens, les morceaux on les maitrise bien mais c’est surtout au niveau des arrangements que ça va être le plus intéressant. Le but ça va être que ce soit bien équilibré entre chaque instrument, que ce soit le plus représentatif de ce qu’on fait et de ce qu’on voudrait que les gens entendent. Parce que parfois le son varie en fonction de la salle, de si on a un ingénieur son ou pas. Et comme nous sommes nombreux c’est super difficile de retranscrire quelque chose de fidèle, propre comme on aurait envie.

– Pierre –
C’est vrai que parfois t’écoutes un groupe en studio que tu peux adorer et en live c’est beaucoup moins bien. Ou inversement.

– Valo –
On veut montrer ce qu’est Jasper, la base. Et surtout que ce soit fidèle tel qu’on en ai envie.

– Pierre –
Et comme je disais tout à l’heure c’est beaucoup plus facile de démarcher avec un support studio. Pouvoir faire écouter au professionnel en quelques clics ce qu’on fait.

– Valo –
C’est aussi une bonne manière de prendre du recul sur notre propre travaille en lui même. Quand tu enregistres, tu entends tout. Parfois des choses que tu ne remarques pas forcément, qui peuvent surprendre.

 

Si vous aviez un mot pour définir votre état d’esprit pour la rentrée, quel serait-il ?
– Pierre –
Motivé, si c’est le mot.

– Valo –
Ca va groover !

– Pierre –
Je suis vraiment chaud, ça commence super bien cette rentrée scolaire. Ca va envoyer du lourd !

– Valo –
Ca va taper du pied ! En plus là tout le monde revient chaud de l’été, tout le monde a bougé un petit peu partout. Le fait de pas avoir joué depuis un certain temps… un mois.

 

Pour revenir un petit peu sur Mix’Cité, est ce que vous avez une expérience personnelle avec le festival ?
– Pierre –
Non personnellement je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller. Ca va être l’occasion de découvrir !

 

Qu’est ce que vous diriez aux gens pour les pousser à venir au festival ?
– Pierre –
On va être chauds bouillants pour Mix’Cité, on sortira tout juste de la résidence. Ca va être un massacre !

– Valo –
Si tu veux rester dans l’image des vacances, bouger, sauter et voyager, viens nous voir. Prends ton guronsan, tes baskets, ça va twerker ! En aura pour tout le monde !

 

 

Retrouvez ici la fiche de l’artiste

On vous donne rendez-vous le 14 Septembre à 14H sur le Campus de Lille 1 !


Propos recueillis par Bastien Lenoir